La soirée a débuté par une conférence intitulée « Cette magie appelée poésie » animée par Federica Locatelli, avant de laisser place à la remise des prix aux jeunes participants. Les vidéos-lectures des gagnants ont également été projetées, offrant au public une immersion dans l'univers poétique vécu et ressenti à travers les voix des étudiants.
Le projet « Poé-cité » a réuni des élèves des lycées valdôtains ainsi que des étudiants de l’Université, qui ont eu l'occasion de porter la poésie dans les rues d’Aoste. Chaque participant a choisi un poème, l’a lu dans un lieu significatif pour lui, ou en lien avec l’œuvre des grands poètes français, puis y a laissé une copie écrite, permettant à d'autres de découvrir ces vers et de se plonger à leur tour dans leur richesse. L’idée était de faire le lien entre la poésie et la vie quotidienne, d’y infuser des émotions souvent inaccessibles ou des souvenirs partagés, tout en offrant aux passants l’opportunité de les écouter et d’en saisir toute la profondeur.
Les prix ont été remis par Federica Locatelli, responsable scientifique du projet Poé-cité à l’Université de la Vallée d’Aoste, ainsi que par Christine Valeton et Paola De Bernochi de l’Alliance française d'Aoste, et Lucia Hugonin, représentant la Région Autonome de la Vallée d'Aoste. La cérémonie a également été marquée par la présence de Manuela Ceretta (Université de la Vallée d'Aoste), Jean-Pierre Guichardaz (Région Autonome de la Vallée d'Aoste), Teresa Grange (Chaire Senghor de francophonie) et Lucia Ravagli Ceroni (Université de la Vallée d'Aoste).
Le troisième prix a été attribué à égalité à trois lectures remarquables. Fidalma Intini a ouvert le bal avec une lecture de « Les Espaces du sommeil » de Robert Desnos, réalisée au Forum romain, accompagnée de musique et d’une interprétation théâtrale qui a su capturer l’essence onirique et mystérieuse du poème. Alessandro Damiano Poli a ensuite été récompensé pour sa lecture de « Il pleure dans mon cœur » de Paul Verlaine, où la musicalité des vers était magnifiquement portée par le bruit de l’eau du Buthier. Enfin, Eleonora Scapillato a enchanté l’audience avec « La Goutte de pluie » de Jules Supervielle, une lecture empreinte de délicatesse et de poésie qui, devant le lieu emblématique de la place Chanoux, a su rendre hommage à l’ordinaire et à l’extraordinaire de la nature.
Le deuxième prix, lui aussi décerné à égalité, a récompensé Gaia Barbera pour sa lecture de « Le Cancre » de Jacques Prévert, devant une photographie dans une école primaire, ainsi que Chiara Tomaselli pour son interprétation émouvante de « Dit de la force de l’amour » de Paul Éluard, dans le cadre enchanteur du Cimetière de Sant’Orso. La subtilité et l’émotion qui se dégageaient de ces lectures ont été particulièrement saluées par le jury.
Le prix « Original – cité », décerné à ceux qui ont su sublimer un lieu de la ville grâce à la poésie, a été attribué à Arianna Trionte et Herman Testolin pour leur lecture du poème en prose « De l’eau » de Francis Ponge, réalisée sous un tilleul séculaire du quartier de Sant’Orso. La force de leur interprétation a mis en lumière la résilience de l’arbre et la lutte entre l’attachement à la terre et l’élan vers le ciel, deux thèmes portés par le poème de Ponge.
Le prix « Poésie – hardie » a été remis à Martina Condurro pour sa lecture audacieuse de « Ô mes lettres d’amour » de Victor Hugo, réalisée devant l’église de Santo Stefano, où elle a insufflé une fraîcheur et une spontanéité remarquable à ce poème classique. Bien que Condurro n’ait pas pu être présente pour recevoir son prix, il a été remis à sa place par Madame Binel.
Le prix « Cœur dans sa main », attribué à celle ou celui qui a su restituer la douceur et l’intimité du vers poétique, a été décerné à Federica Rizzo pour sa lecture émotive du sonnet « À une passante » de Charles Baudelaire, une lecture vibrante d’émotions, faite au carrefour d’une rue urbaine, fidèle à l’esprit de la « rue assourdissante » de la poésie baudelairienne.
Enfin, le premier prix a été attribué ex aequo à Ida Stellin pour sa lecture du poème « Les mains d’Elsa » de Louis Aragon, devant un ancien lavoir, et à Margherita Bresciani pour sa lecture de « Outils posés sur une table » de Jean Tardieu, réalisée devant le Conservatoire de la Vallée d'Aoste. Chacune a su transmettre une émotion profonde, l’une par la douceur et la conscience du texte, l’autre par l’humilité et la richesse des mots, capturant parfaitement l’essence des poèmes qu’elles ont choisis.
Cette cérémonie a non seulement été l’occasion de célébrer la poésie, mais aussi de mettre en lumière la manière dont elle traverse les générations et les lieux, en résonance avec les jeunes voix de la Vallée d'Aoste. Les poèmes, vivants et profonds, ont trouvé un écho dans les rues de la ville et dans les cœurs des participants et des spectateurs.